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la petite PEB news – octobre 2014

Nouveauté en terme de réglementation

Le neuf à Bruxelles « passif » au 1er janvier 2015, confirmé par la ministre bruxelloise de l’environnement, Céline Frémault.

Ce 22 octobre, suite à un débat au parlement Bruxellois initié par le MR Vincent De Wolf, la ministre a confirmé qu’elle n’envisage en aucune façon de revenir en arrière et de « casser le cercle vertueux ». Le secteur de la construction souffle: Les incertitudes semblent levées. S’agissant d’une décision concertée avec le secteur, le monde de la construction s’est déjà mis en marche dans ce sens.

A deux mois de l’échéance de la mise en application des nouvelles exigences PEB 2015, est-ce utile de vous recommander de déposer vos demandes de permis d’urbanisme avant Noël, soit si vous n’envisagez pas déjà de satisfaire à ce critère, soit si vous pensez que les failles dans la méthode PEB pourraient vous conduire dans une situation inconfortable?

Défenseur du passif, et appréciant fortement les adaptations mises en place pour atténuer le passif strict dans les configurations défavorables ou pour maintenir la créativité architecturale, je me dois de reconnaître que la méthode de calcul au travers du logiciel PEB présente de nombreux défauts, en particulier concernant les volets s’occupant des installations techniques (l’eau chaude sanitaire et les auxiliaires en particulier), que ne présente pas la méthode définie par la Plateforme Maison Passive avec le PHPP. Ces défauts, lorsque les exigences PEB étaient plus faibles, ne portaient que peu à conséquences. A présent, on s’y intéresse de près. Dans un immeuble passif, les consommations électriques forfaitairement attribuées par la méthode PEB représentent souvent plus du double des consommations d’énergie primaires pour le chauffage!

En effet, autant il est possible de valoriser de manière assez fiable la réduction des besoins de chaleur pour le chauffage faite au travers de l’enveloppe, autant la méthode PEB ne permet que très peu de travailler à la réduction des besoins de chaleur pour l’eau chaude sanitaire, ni de valoriser réellement les consommations électriques d ventilateurs ou des circulateurs. Attribuer une pénalité forfaitaire proportionnelle sans moyen d’action (par exemple liée à la taille du projet pour l’ECS ou liée au débit max d’un groupe de ventilation, qui est toujours surdimensionné par nature), cela résume l’exigence en énergie primaire à une obligation de recours à l’énergie renouvelable déguisée ou cela conduit à l’adoption de solutions moins adaptées ou confortables pour éviter des amendes. Il est important que la méthode PEB n’induise pas des réflexes de conception inadaptés.

Bien que les décideurs clament que le logiciel PEB n’est pas un outil de dimensionnement mais uniquement de certification, il est un outil de conception incontournable aujourd’hui. Que ne fera-t-on pas pour plaire à la PEB, même si les choix sont absurdes et les résultats annoncés très loin des réalités physiques réelles? Lorsqu’on impose un niveau de performance très élevé, la méthode de calcul doit permettre de lever toutes les valeurs forfaitaires indirectement induites par la méthode. Entre autre, les consommations électriques des ventilateurs et des circulateurs par exemple: il faut pouvoir encoder la valeur réelle mesurée, au même titre que la valeur d’un test blowerdoor.

La méthode PEB prétend ne pas être comportementale, pour permettre la comparaison. Le calcul des besoins de chaleur pour le chauffage ne tient pas compte du fait que, par le comportement, il est possible de consommer beaucoup plus que prévu simplement en ouvrant les fenêtres en hiver par exemple. Pourquoi l’eau chaude, ou pour des consommations électriques, c’est l’inverse qui est appliqué? Prenons le cas de la boucle d’eau chaude dans une maison: Il est bien évident qu’il est possible de la laisser tourner toute la journée et toute la nuit. Mais si une régulation est installée, la boucle peut ne pas être un monstre énergivore à proscrire à tout prix. Le laisser tourner, c’est la même chose que de laisser des fenêtres ouvertes par -10°C. Pourquoi ce traitement différent? Des exemples similaires, il y en a quelques uns… Va-t-on tous être obligés de placer des capteurs solaires surdimensionnés pour réduire des consommations théoriques d’eau chaude? Va-t-on voir fleurir des micro-installations photovoltaïques (un seul panneau) sur les balcons de nos belles avenues, juste pour compenser les consommations fictivement allouées aux circulateurs ou aux groupes de ventilations et ainsi satisfaire les exigences PEB?

Espérons que le nouveau gouvernement bruxellois sera bien inspiré et n’attende pas la concertation entre les trois Régions pour faire évoluer la méthode PEB car ce sont les investisseurs bruxellois qui payent la facture… même exemplaire et louable, elle pourrait être inutilement chère!

 

Trucs et astuces du mois

Depuis le début de la législation PEB, quelques précisions ont été apportées permettant quelques assouplissements.

En voici deux:

Fosses d’ascenseurs et souches de gaines en toiture: Il n’est pas obligatoire d’isoler les souches de gaines en toiture, ni les fosses des gaines d’ascenseur. On peut considérer une dalle fictive dans la prolongation de la dalle de toiture ou de sol, aux mêmes caractéristiques thermiques dans l’encodage PEB. Ouf ! Pas d’obligation mais une perte énergétique tout de même à prendre en compte dans la puissance de chauffe ou dans les risques de pathologies dans le cas d’atmosphères humides.

Murs mitoyens exposés : Il était de coutume de dire qu’il fallait être certain que le voisin allait construire dans un avenir proche pour pouvoir éviter de les considérer comme des parois de déperdition extérieures. Un permis devait être en cours, à tout le moins. Aujourd’hui, dès le moment où un mur se situe sur l’axe mitoyen, il n’est plus une paroi de déperdition ! La Facq travaux PEB stipule bien que la construction voisine peut être hypothétique. Umax < 1W/m²K comme exigence. Le calcul des pertes énergétiques change donc de manière considérable, influençant le besoin de chaleur pour le chauffage mais également le calcul des pertes par infiltration. En effet, cela biaise fortement les résultats exprimés en m³/h.m² car le logiciel PEB divisera la valeur encodée uniquement par la surface de déperdition dont il a connaissance…. Tout cela n’est pas très logique mais c’est la PEB…. Selon mes sources, l’IBGE pourrait revenir en arrière mais pour l’heure, c’est l’avis officiel.

Et pour rajouter une couche, un point relatif aux parois donnant vers les parties communes. La méthode PEB 2015 ne réfléchit plus en terme de bâtiment mais en terme d’unité PEB. Du coup, le coefficient K disparait. L’unité PEB « partie commune » reste cependant une unité, dont les seules obligations sont l’isolation des parois (Umax et Rmin). Cette unité est considérée comme chauffée, bien qu’elle ne le soit qu’indirectement. Cependant, la méthode PEB ne prend pas en compte les déperditions des unités PEB donnant sur les communs, qui, s’ils sont ventilés et peu compacts, peuvent avoir une température d’équilibre en plein hivers proche de 0°C !

En cumulant les parois mitoyennes et les parois donnant sur les communs comme non-déperditives, le calcul des besoins de chaleurs pour les unités logements ou bureaux peut-être fortement altéré ! Tout bénéfice pour le certificat PEB mais en réalité, il ne vaut mieux pas se fier aux chiffres de la PEB!

Un dernier conseil : pour qu’une rénovation soit assimilée à du neuf, il faut que tous les systèmes soient remplacés. Le critère enveloppe (+75% modifié) n’est pas le seul. Or il ne faut normalement pas de permis pour remplacer une chaudière, ou un groupe de ventilation….. J’ai comme l’impression que certaines chaudières seront remplacées indépendamment des travaux d’isolation…

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